Une Histoire locale liée depuis toujours à celle de la France
L'histoire de France n'est pas loin de commencer en Seine-et-Marne, puisque le site de Pincevent sur la commune de la Grande-Paroisse (près de Montereau-Fault-Yonne) montre que des hommes vivaient sur les bords de la Seine il y a plus de 10.000 ans. Quelques siècles plus tard, à l'époque gauloise, Senons au sud, Meldes au nord, Parisis à l'ouest se partagent ce territoire : les limites de ces cités seront celles des diocèses qui, jusqu'à la révolution, le sépareront entre Sens, Meaux et Paris.
En 52 avant Jésus-Christ, Labiénus, lieutenant de César, franchit la Seine à Melun pour aller battre le chef gaulois Camulogène sous les murs de Lutèce.
A l'arrivée des Romains en Gaule, Melun et Meaux, idéalement situés sur les voies de navigation et bien défendues, sont à la fois des places-fortes stratégiques et des centres économiques et politiques. Comme les vestiges découverts récemment l'attestent, les échanges avec les régions voisines et même au-delà (Nord, Méditerranée) sont fréquents grâce à une batellerie active sur la Seine et la Marne. La similitude de Melun et de son île fendant les flots de la Seine, avec Lutèce (aujourd'hui île de la cité à Paris) est frappante, tant du point de vue de la topographie, que de l'Histoire.
Un passé lié à celui de la France
Au Moyen-Age, le territoire de l'actuel département est le théâtre et l'enjeu d'une lutte incessante entre le roi de France et les comtes de Champagne, ce qui ne l'empêche pas de connaître un essor fabuleux. On y vient de toute l'Europe, des Flandres, d'Allemagne et d'Italie pour commercer à l'occasion des nombreuses foires : Lagny, Provins... La population s'accroît considérablement. L'agriculture et les villes se développent. Les grandes abbayes de Chelles, Saint-Faron, Meaux, Faremoutiers, Jouarre, Rebais et Saint-Père de Melun, défrichent la forêt de Brie.
A partir de 1284, date du rattachement par Philippe-le-Bel à la couronne du comté de Champagne, l'histoire de la Seine-et-Marne unifiée fut liée à celle des rois de France. Elle fut ainsi, au coeur des guerres civiles et religieuses : le soulèvement de la jacquerie, la guerre de cent ans, les guerres de religion et la Fronde ne l'épargnèrent pas.
Avec la Renaissance, la Seine-et-Marne devient la terre d'élection des rois de France.
Sa proximité de Paris en fait en quelque sorte un territoire de récréation : les loisirs de François Ier se passent en chasses et en fêtes notamment au Château de Fontainebleau. Mais la célébrité planétaire de ce dernier n'enlève rien à l'intérêt d'autres sites, tels que : Guermantes, qui inspira Proust, Mitry-Mory, où Richelieu posséda le Château de Bois-le-Vicomte et le château de Champs qui fut la résidence de Mme de Pompadour avant de devenir une de celles de la présidence de la République, dédiée à l'accueil des chefs d'Etat étrangers.
Le château de Vaux-le-Vicomte enfin, fut le décor somptueux d'un épisode marquant de l'ancien régime, lorsque son propriétaire, le surintendant Fouquet fut emprisonné sur ordre de Louis XIV. Le "roi Soleil" avait en effet pris ombrage du luxe ostentatoire du château de Vaux, de ses jardins et des festivités qui s'y déroulaient, constituant alors autant de symboles d'une infuence démesurée susceptible de menacer le pouvoir du monarque absolu.
L'évêché de Meaux connaît parallèlement un rayonnement durable, avec des personnalités exceptionnelles telles que Guillaume Briçonnet et Bossuet.
Au XIXème siècle, Fontainebleau est l'un des séjours favoris de Napoléon et sert même de lieu de détention au pape Pie VII de 1812 à 1814 ; l'Empereur y fait ses adieux à l'armée après sa première abdication. En 1870, la Seine-et-Marne connaît l'invasion prussienne ; c'est au château de Ferrières-en-Brie que Bismarck et Jules Favre signèrent l'armistice.
Pendant la première guerre mondiale, le département paya à nouveau très cher son rôle de glacis de la capitale : le Nord fut le théâtre des deux batailles de la Marne, le Sud fut presque continuellement dans la zone des combats. Cette situation valut notamment à la Seine-et-Marne,
l'honneur d'accueillir à Bombon, le grand quartier général du futur maréchal Foch, durant l'été 1918.
Au cours de la seconde guerre mondiale, les routes et voies de chemin de fer de Seine-et-Marne furent comme beaucoup, le théâtre impuissant du douloureux exode de juin 1940. Dès lors occupée, la Seine-et-marne dû attendre Août 1944 pour être libérée, aux prix d'importants bombardements alliés, de difficiles combats au long de la Seine et de plusieurs cas de représailles au cours du mouvement de repli de l'occupant.
Le général De Gaulle vint à Nemours en janvier 1945, pour rendre hommage à l'efficacité des combats menés par les résistants au cours des opérations de libération.
Le département, de sa naissance à nos jours
Le département naît dans sa forme actuelle , le 4 mars 1790, par décret de l'Assemblée nationale. Le choix du chef-lieu est âprement débattu : Melun l'emporte de peu sur Rozay-en-Brie, centre physique du département. En 1800, Alexandre de la Rochefoucault devient le premier préfet de Seine-et Marne.
Au cours du XXème siècle, le découpage des arrondissements a fait l'objet de plusieurs modifications
pour répondre aux évolutions démographiques. En 1926, le gouvernement Poincaré supprime les arrondissements
de Coulommiers et de Fontainebleau. En 1988, l'arrondissement de Fontainebleau
est recréé. Enfin, par décret du 26 février 1993, est créé un nouvel arrondissement
correspondant au secteur de Marne-la-Vallée, dont le siège est situé à Torcy.
L'activité agricole, source de
richesse traditionnelle du département s'est developpée et conserve aujourd'hui une
place très importante. Elle occupe, en effet 60 % du territoire, avec une
domination des productions traditionnelles (blé, maïs, betterave,
oléagineux...).Maraîchers et horticulteurs se sont installés
nombreux en Seine-et-Marne à la suite de l'urbanisation croissante
de la couronne parisienne. Mais le phénomène d'urbanisation
gagne actuellement le département, avec l'installation d'infrastructures
routières, ferroviaires et le développpement des carrières nécessaires à ces grands travaux ;
qui font disparaître 2 000 hectares de terres cultivables par an
en moyenne. Les activités industrielles parviennent à se maintenir tandis que celles des services, du commerce de détail, du tourisme et des loisirs se développent.
Un patrimoine bâti, culturel et historique, important et de qualité.
De son Histoire intimement liée à celle de la France, la Seine-et-Marne conserve un patrimoine d'une grande richesse, constitué de Châteaux, monuments religieux,
bâtiments civils et agricoles, villes médiévales et musées. Y sont aussi présents, des ensembles
particulièrement significatifs du patrimoine du XXème siècle, industriel ou
d'habitat, tels que le site de Noisiel qui a reçu le label du ministère de
la culture " Ville et pays d'art et d'histoire ". Le sous-sol archéologique
de la Seine-et-Marne est lui aussi particulièrement intéressant. 602 monuments
historiques, dont 210 classés placent en ce domaine, la Seine-et-Marne au
premier rang francilien, hormis Paris. Quinze zones de protection du patrimoine
architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) ont de plus, été définies et sept nouvelles zones
sont en cours d'étude et de programmation. S'y ajoutent également plus 1.000 Zones Naturelles, telles que le Parc naturel régional du Gâtinais Français
ou la réserve nationale de la Bassée ...
Outre leur intérêt écologique, ces zones naturelles peuvent renfermer des traces archéologiques, comme c'est le cas du site de Pincevent déjà cité.